Dans cardiovasculaire, il y a vasculaireÉ

 

Dr P. Jourdain

Cardiologue au CH R Dubos 95300 Pontoise

SŽance de FMC du 1er avril 2010

 

1.  PrŽambule

1.1.     Les facteurs de risque en 2010

Avec la modification des comportements les risques cardiovasculaires ont changŽ.

LÕŽtude de lÕEuropean Heart portant sur 37 779 sujets et publiŽ en 2005 a montrŽ, dÕune part des disparitŽs importantes en termes dÕincidence et prŽvalence et dÕautres part une modification de la hiŽrarchie des facteurs de risque :

á      De loin, lÕhypertension artŽrielle (62%)

á      LÕhyperlipidŽmie ex aequo avec le sexe masculin (58%)

á      Une histoire familiale (43%)

á      Le tabac (23%)

á      Le diab�te (18%)

á     

Plus loin lÕartŽrite des membres infŽrieurs et les accidents vasculaires cŽrŽbraux, y compris les accidents transitoires.

 


Les principaux facteurs de risque non rŽversibles pour l'athŽrosclŽrose

Ils comprennent l'‰ge, le sexe masculin et des antŽcŽdents familiaux d'athŽrosclŽrose prŽmaturŽe.

1.2.     Les principaux facteurs de risque rŽversibles

Les niveaux anormaux de lipides sŽriques

Des niveaux ŽlevŽs de lipoprotŽines ˆ basse densitŽ (LDL) et des niveaux rŽduits de lipoprotŽines ˆ haute densitŽ (HDL) prŽdisposent ˆ l'athŽrosclŽrose.

Il existe une association directe et continue entre les niveaux de cholestŽrol total et LDL-C et le risque de coronaropathie.

Les niveaux de HDL sont inversement corrŽlŽs au risque de coronaropathie. Les principales causes de diminution des HDL sont la fumŽe de cigarette, l'obŽsitŽ et l'inactivitŽ physique. Un niveau rŽduit de HDL est Žgalement associŽ ˆ l'administration d'androg�nes et de stŽro•des apparentŽs (dont les anabolisants), les b-bloquants, une hypertriglycŽridŽmie et des facteurs gŽnŽtiques.

Le taux de cholestŽrol et la prŽvalence de la coronaropathie sont influencŽs par des facteurs gŽnŽtiques et environnementaux (dont le rŽgime). Les individus ayant des taux de cholestŽrol sŽrique bas qui Žmigrent d'un pays ˆ basse prŽvalence de coronaropathie dans un pays ˆ haute prŽvalence et tendent ˆ modifier leurs propres habitudes alimentaires acqui�rent des niveaux ŽlevŽs de cholestŽrol, associŽs ˆ une augmentation du risque de maladie coronaire.

lÔHypertension arterielle

Une PA diastolique ou systolique ŽlevŽe est un facteur de risque d'accident cŽrŽbrovasculaire, d'IDM et d'insuffisance rŽnale et cardiaque. Le risque associŽ ˆ l'HTA est infŽrieur dans les sociŽtŽs o� les taux moyens de cholestŽrol sont bas.

Le tabagisme

Le tabagisme augmente le risque d'artŽriopathie pŽriphŽrique, de coronaropathie, de maladie cŽrŽbrovasculaire, et d'occlusion de proth�se vasculaire ou de pontage apr�s intervention chirurgicale de reconstruction artŽrielle. Il existe une relation dose-effet entre le risque de coronaropathie et le nombre de cigarettes fumŽes par jour. L'inhalation passive de fumŽe de cigarettes peut augmenter le risque de coronaropathie. Homme et femme sont aussi exposŽs l'un que l'autre, mais les risques peuvent �tre plus ŽlevŽs chez la femme. La nicotine et les autres substances chimiques dŽrivŽes du tabac sont toxiques pour l'endothŽlium vasculaire.

Le tabagisme abaisse le HDL-C, augmente le LDL-C ainsi que le taux de CO du sang (et donc induit une hypoxie endothŽliale) et stimule la vasoconstriction des art�res dŽjˆ rŽtrŽcies par l'athŽrosclŽrose.

Il augmente aussi la rŽactivitŽ des plaquettes, ce qui favorise la formation de thrombi plaquettaires. Il augmente la concentration du fibrinog�ne plasmatique et l'hŽmatocrite, d'o� une augmentation de la viscositŽ du sang.

Diab�te sucrŽ

Le diab�te de type 1 et de type 2 sont associŽs ˆ des manifestations athŽrosclŽreuses plus diffuses et d'apparition plus prŽcoce, se rattachant ˆ un dŽsŽquilibre mŽtabolique gŽnŽralisŽ et comprenant une dyslipidŽmie et la glycosylation du tissu conjonctif (rŽaction de Maillard).

L'hyperinsulinŽmie alt�re l'endothŽlium des vaisseaux.

Le diab�te est un facteur de risque particuli�rement important chez la femme et contrecarre nettement l'effet protecteur des hormones fŽminines.

ObŽsitŽ

Certaines Žtudes ont montrŽ que l'obŽsitŽ, en particulier l'obŽsitŽ du tronc chez l'homme, est un facteur de risque indŽpendant pour la coronaropathie. L'hypertriglycŽridŽmie est communŽment associŽe ˆ l'obŽsitŽ, au diab�te sucrŽ et ˆ l'insulinorŽsistance et semble �tre un important facteur de risque indŽpendant chez les personnes dont les niveaux de LDL ou HDL sont bas et chez les personnes plus jeunes. Tous les types d'hypertriglycŽridŽmie ne sont pas susceptibles d'�tre athŽrog�nes. Les VLDL, plus petites et plus denses, constituent le facteur de risque le plus important.

InactivitŽ physique

De nombreuses Žtudes ont mis en Žvidence le lien entre un style de vie sŽdentaire et l'augmentation du risque de coronaropathie, et d'autres ont dŽmontrŽ qu'une activitŽ physique rŽguli�re pouvait �tre protectrice.

2.  La maladie polyartŽrielle

Par dŽfinition cÕest une atteinte athŽromateuse dÕau moins deux territoires artŽriels diffŽrents, cliniquement symptomatiques ou asymptomatiques.

De nombreuses Žtudes ont montrŽ une intrication de ces diffŽrents facteurs comme le montre lÕimage suivante.

2.1.     REACH

Le registre REACH

Il avait pour objectif global d'amŽliorer l'Žvaluation et la prise en charge des accidents cardiovasculaires cŽrŽbraux, des syndromes aigus coronariens et des facteurs de risque associŽs pour l'athŽrothrombose. Incluant plus de 68.000 patients rŽpartis dans 44 pays et couvrant six rŽgions - AmŽrique latine, Asie, Moyen-Orient, Australie, Europe et AmŽrique du Nord, REACH a impliquŽ la participation de plus de 5.000 mŽdecins investigateurs. Il s'agit du registre multinational le plus important et le plus Žtendu gŽographiquement de patients prŽsentant un risque d'athŽrothrombose

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Quelques chiffres sur les  associations pathologiques

á      Un quart des patients avec une maladie coronaire (53 % de la population de REACH), ont une atteinte polyartŽrielle

á      Un tiers des patients avec une pathologie cŽrŽbrovasculaire (17% de la population du registre REACH), ont une atteinte polyartŽrielle, coronarienne et/ou artŽrite des MI.

á      La moitiŽ des malades prŽsentant une AOMI (20% du registre REACH), ont une maladie polyartŽrielle. Pour ces malades, les facteurs augmentant le risque (R) dÕischŽmie critique sont, par ordre dŽcroissant :

o   Le diab�te � Rx4

o   Le tabac � Rx3

o   Un indice cheville/bras < 0,7� R x 2,5

o   Un ‰ge > 65 ans et lÕhyperlipidŽmie � R x 2

Les ŽvŽnements cardiovasculaires majeurs (MACE)

Le taux deMACE (Major Adverse Cardiovascular Events) est de 11,7% ˆ l'issue d'une annŽe de suivi pour les patients ayant une seule localisation de la maladie et de 22,3% pour les malades prŽsentant une pathologie polyartŽrielle.

Les patients souffrant d'artŽriopathies pŽriphŽriques (AOMI) prŽsente un risque plus ŽlevŽ, avec un taux de MACE de 22%.

Un effet multiplicateurÉ

Il a ŽtŽ observŽ que le risque augmentait par paliers chez les patients atteints d'une maladie athŽrothrombotique diffuse.

Chez les patients prŽsentant une pathologie athŽrothrombotique localisŽe ˆ un seul territoire, le  taux de MACE Žtait de 11,7%, tandis qu'il atteignait 28% chez les patients prŽsentant une maladie localisŽe ˆ trois territoires.

Quant aux patients ne prŽsentant aucun antŽcŽdent de coronaropathie, maladie vasculaire cŽrŽbrale ou artŽriopathie pŽriphŽrique, mais prŽsentant au moins trois facteurs de risque de dŽvelopper ces pathologies (tels que diab�te, hypertension artŽrielle, hypercholestŽrolŽmie et tabagisme), environ 5% d'entre eux prŽsentait un ŽvŽnement cardiovasculaire majeur ou ont ŽtŽ hospitalisŽs au cours de l'annŽe.

Ces donnŽes sont prŽsentŽes dans le tableau rŽsumŽ ci-dessous.

 

MACE

Taux dÕŽvŽnements ˆ un an

Coronaire

CŽrŽbrovasculaire

AOMI

Toutes localisations

14,1%

13,1%

18,6 %

13,7%

2.2.     AVC et coronaires

CÕest une association frŽquente. Dans une Žtude portant sur des patients avec pathologie neurologique vasculaire, 72% avaient des plaques coronaires, 37% avait une ou plusieurs stŽnoses coronariennes et 41% avait des antŽcŽdents dÕIM.

Ces rŽsultats sont confirmŽs par lÕŽtude PRECORIS qui a portŽ sur des patients ‰gŽs de 45 ˆ 75 ans, ayant prŽsentŽ un accident ischŽmique cŽrŽbral non cardio-emboliques et asymptomatiques. Dans cette Žtude 21% des patients avaient une stŽnose de plus 50% dÕau moins une coronaire.


 

3.  Pathologie vasculaire pŽriphŽrique

3.1.     La prŽvalence de lÕAOMI


Elle augmente avec lÕ‰ge, surtout apr�s 60 ans. De la classe dÕ‰ge de 55-59 ans ˆ celle 70-74 ans, elle passe de 2,5 ˆ 7%.

Les principaux facteurs de risque sont le diab�te et le tabagisme.

LÕhistoire naturelle est ŽmaillŽe de complications comme le rŽsume le tableau ci-dessous.

 

Il faut savoir que la claudication intermittente est un sympt™me variable avec la quantitŽ dÕeffort, les modalitŽs de la marche, lÕentra”nement et le vŽcu du patient. Ce nÕest, de ce fait ni un bon marqueur dÕACOMI ni un param�tre quantifiant.

Le diagnostic clinique comprend la palpation systŽmatique des pouls pŽriphŽrique et lÕauscultation ilio-fŽmorale.

La mesure de lÕIPS, m�me en lÕabsence de sympt™mes, en complŽment de lÕexamen clinique peut �tre utile. La valeur moyenne de lÕIPS chez le sujet normal est de 1,10 ± 0,10. Un IPS > 1,30 traduit une mŽdiacalcose jambi�re qui est un Žtat artŽriel rendant les art�res difficilement compressibles ou incompressibles avec un brassard tensionnel classique notamment en cas de diab�te, insuffisance rŽnale chronique terminale, grand ‰ge.

3.2.     Penser ˆ lÕanŽvrysme de lÕaorte abdominale (AAA)É

Chez un patient asymptomatique,  il est important de palper lÕaorte abdominale chez les sujets de plus de 65 ans car cette manÏuvre ˆ une sensibilitŽ de 65% pour diagnostiquer un AAA de plus de 50 mm. 

 

4.  CholestŽrol et CHD

4.1.     Ce que lÕon saitÉ

On sait depuis maintenant pr�s de 50 ans que les maladies cardiovasculaires sont associŽes avec une augmentation du taux de cholestŽrol total. LÕincidence de pathologie coronarienne passe de moins de 25 pour mille pour des taux infŽrieurs ˆ 204 mg/dl ˆ plus de 125 pour des taux supŽrieurs ˆ 295 mg/dl.


Cette relation entre taux de cholestŽrol et mortalitŽ est bien illustrŽe par la figure ci-dessous

 

 


La relation entre des ŽlŽvations modŽrŽes du taux de cholestŽrol et la survenue de complications cardiovasculaires a ŽtŽ clairement Žtablie dans l'Žtude de Framingham rapportŽe en 1971.

Ainsi, sur un suivi de 14 ans de 2 282 hommes et 2 845 femmes, il a ŽtŽ dŽmontrŽ que le risque de maladie coronarienne augmente progressivement et indŽpendamment des autres facteurs de risque du quartile infŽrieur au quartile supŽrieur de la cholestŽrolŽmie totale.49 L'Žtude prospective MRFIT retrouve un accroissement de la mortalitŽ cardiovasculaire ˆ 6 ans proportionnel au taux de la cholestŽrolŽmie totale.

La relation est positive avec le risque dÕartŽriopathie des membres infŽrieurs mais la cholestŽrolŽmie est un facteur de risque moindre ˆ ce niveau que le tabac ou le diab�te.

La relation est discutŽe concernant les accidents vasculaires cŽrŽbraux, la cholestŽrolŽmie reprŽsentant essentiellement un facteur de risque des AVC ischŽmiques et liŽs ˆ une pathologie carotidienne.

Une augmentation du HDL-C de 0,01 g/l sÕaccompagne dÕune diminution du risque coronarien de 2% chez lÕhomme et de 3% chez la femme.

Il faut souligner toutefois que la concentration de HDL-C est abaissŽe par le tabagisme, lÕhypertriglycŽridŽmie, et quÕˆ lÕinverse la consommation dÕalcool et surtout les Ïstrog�nes augmente la concentration de HDL-C.

4.2.     La prŽvention secondaire

La preuve d'une rŽduction de la survenue d'ŽvŽnements coronariens par des mesures de prŽvention secondaire thŽrapeutiques par les statines a ŽtŽ apportŽe dans cinq Žtudes : 4S, CARE, LIPID, HPS et PROSPER, etc. avec une rŽduction des ŽvŽnements coronariens, des infarctus du myocarde non mortels et de la mortalitŽ coronarienne.

Ainsi, il suffit de traiter 1 000 patients pendant 1 an pour Žviter neuf infarctus non mortels, 12 ŽvŽnements coronariens et 6,5 dŽc�s coronariens dans l'Žtude 4S.

4.3.     La prŽvention primaire

De m�me, en prŽvention primaire, les Žtudes WOSCOPS et AFCAPS/TexCAPS, publiŽes respectivement en 1995 et 1998 sur des suivis moyens de 5 ans d'environ 6 600 patients, ont montrŽ qu'une diminution de 26 % du LDL-C entra”nait une baisse de l'incidence des ŽvŽnements coronariens majeurs et que le traitement de 45 patients suffisait pour Žviter un ŽvŽnement de ce type.


1.1.     Quel taux ? Le plus bas possibleÉ

 

NCEP ATP II

LDL-C valeurs cibles (modification de 2004)

Risque

Crit�res

Risque ˆ 10 ans de MACE

Valeur cible LDL-C

(mg/dl) � 2004

Tr�s ŽlevŽ

Existence dÕune pathologie vasculaire

Risque > 20%

100 � 70

ƒlevŽ

Plus de 2 facteurs de risque

Risque 10 ˆ 20%

130 � 100

ModŽrŽ

Plus de 2 facteurs de risque

Risque < 10%

130

Faible

Moins de 2 facteurs de risque

160

 

Que ce soit en prŽvention secondaire ou primaire, toutes les Žtudes convergent, quelque soit lÕ‰ge, vers le m�me rŽsultat : obtenir des taux de HDL-C les plus bas possible, comme lÕillustre le tableau ci-dessousÉ

 

1.2.     LÕ‰ge limite?

Il nÕy en a pas.

LÕŽtude PROSPER (Statin Benefits Elderly Patients with Average/Low Baseline Cholesterol Levels - Lancet 2002;360:1623-1630.) a portŽ sur des sujets ‰gŽs de 70 ˆ 82 ans avec des antŽcŽdents CV ou des facteurs de risque CV.

Une rŽduction moyenne de 34% de LDL-C par une statine aboutit  ˆ une rŽduction du risque relative de MACE de 15%.

1.3.     DÕautres bŽnŽfices

Le niveau du HDL-C est un des ŽlŽments prŽdictifs du risque dÕŽv�nements lors dÕune chirurgie vasculaire dŽmontrŽ.  De plus, lÕutilisation dÕune statine est associŽe ˆ une diminution du taux dÕŽvŽnements CV au dŽcours de la chirurgie vasculaire

1.4.     La rŽalitŽ en pratique en Europe

Seulement 51% (31 ˆ 70%) des patients traitŽs sont ˆ lÕobjectif en mati�re de taux dÕHDL-C.

á      Les ÒchampionsÓ sont les finlandais.

á      Les fran�ais avec 54% se situent dans la moyenne.

 

2.  Traitement antiagrŽgant

2.1.     Rappel

LÕaspirine inhibe la cyclo-oxygŽnase et bloque la formation du thromboxane A2.

Les thiŽnopyridines (clopidogrel) se lient au rŽcepteur de lÕadŽnosine, bloquant lÕactivation plaquettaire. Cette action est irrŽversible sans antidote et il faut attendre 10 jours apr�s arr�t du traitement pour rŽcupŽrer les fonctions plaquettaires (renouvellement lent des plaquettes : 10 % par jour).

Les AINS (ibuprof�ne) inhibent aussi la cyclo-oxygŽnase mais de fa�on rŽversible.

Les inhibiteurs de la glycoprotŽine GP IIb/IIIa comme lÕabciximab (RŽoproª), le tirofiban (Agrastatª) agissent sur la phase finale de lÕagrŽgation plaquettaire et ne sont utilisŽs quÕen milieu hospitalier au dŽcours dÕune pose de stent.

Le dipyridamole nÕa pas dÕefficacitŽ clinique dŽmontrŽe en monothŽrapie. LÕassociation fixe Asasantine-LPª (200 mg de dipyridamole + 25 mg dÕaspirine) ˆ son AMM en prŽvention secondaire des AVC/AIT de moins de 3 mois liŽs ˆ lÕathŽrosclŽrose. Avec le dipyridamole (Persantineª), il faire faire attention au vol coronaire et ˆ lÕŽventualitŽ de bronchospasme.

2.2.     lÕassociation clopidrogrel + aspirineÉ

Les faits

Le clopidogrel fait mieux que lÕaspirine seule dans les lŽsions dÕartŽrite. Cinq grands essais totalisant plus de 70 000 patients ont dŽmontrŽ que le clopidogrel, en sus de lÕaspirine, diminue les Žv�nements cardiovasculaires graves versus lÕaspirine seule.

LÕŽtude TRITON (n =14000) avec le prasugrel (thiŽnopyridine similaire au clopidogrel mais dÕaction + rapide) versus clopidogrel, tous deux en association avec lÕaspirine, a montrŽ une diminution de 20 % du risque relatif dÕŽvŽnements ischŽmiques pŽri-angioplastie au prix dÕun surcro”t de risque hŽmorragique lors du suivi.

La durŽe de prescription de clopidogrel apr�s pose dÕun stent

Deux types de stents peuvent �tre insŽrŽs

á      Un stent Ç nu È comprend un maillage et des matŽriaux particuliers

á      Un stent Ç actifÈ comprend en plus une substance pharmacologique anti-inflammatoire et antiprolifŽrative, paclitaxel ou sirolimus.

Avec les stents, il existe un risque accru de thrombose tardive (9 ˆ 12 mois) par retard dÕendothŽlialisation dÕo� la nŽcessitŽ de maintenir une bithŽrapie antiagrŽgante ˆ long terme :

¥        Pour un stent nu : bithŽrapie 4 ˆ 6 semaines

¥        Pour un stent actif : bithŽrapie 6 ˆ 12 mois au moinsÉ

Il existe un risque thŽorique de thrombose du stent m�me ˆ distance de la pose de celui-ci (1 an) si cÕest un stent actif.

3.  Notion de Risque CardioVasculaire global

Calcul du risque cardiovasculaire absolu peut se faire de plusieurs mani�res

3.1.     Le mod�le de Framingham

Il calcule la probabilitŽ de prŽsenter un Žv�nement coronarien dans les 10 ans ˆ venir comprend 7 variables indŽpendantes : ‰ge, sexe, PA systolique, HDL/CT total, diab�te, HVG.

Il existe certaines limites comme le type de population, lÕabsence de nombreux facteurs, lÕexistence de certains facteurs continus pris en compte de fa�on qualitative (tabac, diab�te, HVG).

Pour la population fran�aise, cette mŽthode nŽcessite un ajustement (diviser le risque obtenu par un facteur 2 ˆ 3 selon lÕ‰ge et le sexe).

3.2.     Le mod�le europŽen SCORE

Il est dŽrivŽ de lÕŽtude de 200 000 individus de 11 pays europŽens suivis pendant 13 ans. Il sÕagit de tables de couleur estimant le risque de mortalitŽ CV ˆ 10 ans en fonction de lÕ‰ge, du sexe, CT, PA systolique et du tabagisme. Il ne tient pas compte du diab�te, des ATCD familiaux mais il tient compte des caractŽristiques gŽographiques (population fran�aise : mod�le bas risque)

Score rcva high risk

 

 


3.3.     Pour une prise en charge globalE

Au-delˆ du cholestŽrol, la prise en charge doit prendre en compte tous les FDRCV, en particulier :

á      Le surpoids et lÕobŽsitŽ

á      La frŽquence cardiaque (FC) car dans une population de coronariens stables on a pu mettre en Žvidence que la FC Žtait corrŽlŽe de fa�on indŽpendante et significative avec la mortalitŽ totale ˆ partir de 77 BPM mais aussi la mortalitŽ cardiovasculaire ˆ partir de 83 BPM.

4.  Chirurgie et patient polyvasculaire

4.1.     ƒpidŽmiologie

La prŽvalence des maladies cardiovasculaires augmente avec lÕ‰ge. Le nombre de patients > 65 ans va augmenter de 25 ˆ 35 % dans les 30 ans ˆ venir. Le nombre des interventions chirurgicales doublera dans cette tranche dÕ‰ge. Enfin, il faut souligner la forte proportion de patients polyvasculaires apr�s 65 ans

4.2.     La stratification du risque et bilan prŽopŽratoire

Elle est fonction :

á      Des param�tres cliniques (CORE de Boersma et al JAMA 2001;285:1865-73¡

o   Age>70ans

o   Angor clinique

o   AntŽcŽdents dÕIDM

o   AntŽcŽdents dÕinsuffisance cardiaque

o   AntŽcŽdents dÕAVC

o   Diab�te

o   Insuffisance rŽnale

á      Du type de chirurgie vasculaire

o   Haut risque : la chirurgie valvulaire et aortique ; les revascularisations des MI

o   Risque intermŽdiaire : endarteriectomie carotidienne

á      Des sympt™mes

4.3.     Les examens complŽmentaires

De base

Un ECG de repos ˆ la recherche dÕune ischŽmie, dÕune HVG et de troubles du rythme ou de conduction

Un bilan biologique standard : NFS, crŽatininŽmie, GlycŽmie, Bilan lipidique

ƒpreuve dÕeffort

CÕest un examen dÕacc�s rapide mais pas toujours rŽalisable en chirurgie vasculaire et tr�s souvent sous-maximale. Elle a une bonne valeur prŽdictive nŽgative (VPN) : 90 % mais une faible valeur prŽdictive positive (VPP).

La scintigraphie myocardique

CÕest un examen tr�s intŽressant si lÕŽpreuve dÕeffort nÕest pas rŽalisable ou non contributive. Elle permet une mesure tr�s prŽcise de la fonction VG. Elle a une VPN tr�s ŽlevŽe de 99% et une VPP faible de 20%.

LÕŽchographie de stress permet dÕobtenir des renseignements similaires mais est moins accessible

Le scanner coronaire:

Sa place prŽcise reste ˆ dŽterminer. Il faut se rappeler quÕil ne donne pas de renseignements fonctionnels sur lÕischŽmie et que son interprŽtation difficile en prŽsence de calcifications importantes est dŽlicate. Il est prŽfŽrable dÕavoir une double lecture radiologue + cardiologue.

La coronarographie

Elle permet de rŽaliser un Žtat des lieux prŽcis du rŽseau coronaire chez les patients ˆ risque ŽlevŽ, dÕŽvaluer le  risque de SCA et de prŽciser la stratŽgie de revascularisation. Cependant, cÕest un examen souvent techniquement difficile en raison du terrain polyvasculaire qui nŽcessite un opŽrateur entra”nŽ. LÕabord radial est ˆ privilŽgier.

á      Des donnŽes des examens complŽmentaires

á      De la capacitŽ fonctionnelle du patient

4.4.     Un encadrement pharmacologique

Il doit comprendre selon les recommandations de lÕHAS, de lÕESC, de lÕACC/AHA des mŽdicaments suivants :

á      Un traitement antiagrŽgant

á      Une statine

á      Un b�tabloqueur

á      Un IEC

Ce traitement aboutit ˆ une rŽduction de la morbi-mortalitŽ ˆ 6 mois, surtout en cas dÕatteinte artŽrielle associŽe. En pratique, le nombre de patients bŽnŽficiant de cette prŽvention secondaire recommandŽe est encore trop faible :

á      SCA seul 49%

á      SCA + AOMI 46%

á      SCA + AVC 47%

á      SCA + AOMI +AVC 48%

4.5.     La revascularisation prŽopŽratoire par angioplastie

La question centrale est quels stents utiliser : les stents nus ou les stents ˆ libŽration de drogue active ?

Les meilleurs rŽsultats sont obtenus avec les stents actifs mais ils nŽcessitent un traitement par un traitement combinŽ de clopidogrel et dÕaspirine de 6 mois au minimum ; idŽalement dÕun an. Ceci est dž ˆ lÕexistence dÕun risque de thrombose de stent en cas dÕarr�t prŽmaturŽ du Plavixª avec les stents actifs.

Les stents nus sont ˆ privilŽgier en vue dÕune chirurgie vasculaire rapide

5.  Conclusions

LÕatteinte polyartŽrielle est frŽquente :

á      1/2 des artŽriopathies des MI

á      1/3 des cŽrŽbrovasculaire

á      1/4 des coronariens

LÕatteinte polyartŽrielle conditionne le pronostic des patients avec MAE (taux dÕŽvŽnements X 2-3).

LÕatteinte polyartŽrielle influence la mortalitŽ ˆ court, moyen et long terme. Les donnŽes sont concordantes quelque soit lÕŽvŽnement athŽrothrombotique ayant motivŽ lÕhospitalisation (coronarien, cŽrŽbrovasculaire)

Les patients artŽriopathes prŽsentent le risque de dŽc�s CV le plus ŽlevŽ (>> local)

Le r™le du mŽdecin gŽnŽraliste est important

á      Pour lÕidentification et le dŽpistage des FDR

á      ƒvaluation de lÕensemble des FDR du sujet

á      La recherche de FDR modifiables et non modifiables

á      La prise en charge dÕun FDR identifiŽ fonction de la prŽsence ou non dÕautres FDR

á      Pour personnaliser les stratŽgies thŽrapeutiques

á      Pour lÕinformation et lÕŽducation du patient et de ses proches du patient

á       Ë sa maladie: score de risque mesurŽ (?), objectifs ˆ atteindre

á       Ë son traitement

á       Aux signes dÕalarme

á       Aux modifications de style de vie

Quel que soit lÕ‰ge, la prŽvention primaire ou secondaire ne peut reposer sur une prise en charge limitŽe ˆ lÕun des facteurs de risque mais nŽcessite lÕŽvaluation du risque cardio-vasculaire global.

Toute proposition de changement de comportement doit �tre accompagnŽe de la mise en place des conditions de lÕappropriation de cette dŽmarche par nos patients.

Plus le risque est ŽlevŽ, plus lÕintervention sur les facteurs de risque est efficace notamment en cas dÕhypercholestŽrolŽmie.

Une fois les patients avec des contre indications exclus, il ne faut pas, en raison de lÕ‰ge �tre tenter par une sous prescription.